Cent fois sur le métier…

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Voici mon tout nouveau projet, du natté multicolore qui servira probablement pour des linges à vaisselle.

« Cent fois sur le métier, remettez votre ouvrage…», écrivait Nicolas Boileau, écrivain français du XVIIe siècle.

Est-ce qu’il voulait parler d’un métier à tisser? J’en doute fort mais cette expression m’est venue en tête au moment d’écrire ses mots.

Refaire une tâche sans cesse jusqu’à ce qu’elle soit parfaite, cela ressemble un peu à l’art du tissage. Cet art, presque perdu, en est un de répétition. Répéter sans cesse les mêmes gestes :  lancer la navette à travers les fils de gauche à droite, appuyer sur les pédales, tirer le ros pour taper les fils et recommencer jusque l’étoffe enfin prenne forme sous nos yeux.

Cette répétition tient en soit de la méditation. Plus on tisse, plus nos gestes s’assouplissent, notre esprit s’envole lentement, au fur et à mesure que les fils, eux, se chevauchent.

C’est une véritable thérapie!    – Tante Isabelle

Mais avant de pouvoir atteindre cet état de grâce, cette symbiose avec le métier à tisser, il faut d’abord le monter et c’est là que la phrase de ce cher Nicolas Boileau prend tout son sens.


 

Monter un métier à tisser requiert du fil, de la patience et du doigté, en fait, c’est là que commence la thérapie et si le montage est fait à deux, c’est là l’épreuve ultime pour un couple, après le mariage et les enfants, bien sûr!

Je viens tout juste de terminer de monter un projet de 30 pouces de large, à 24 fils par pouces, j’ai dû passer un peu plus de 700 fils, à la fois dans les lames ( sortes d’aiguilles) et dans le ros (un peigne qui sépare les fils). Voilà l’épreuve d’endurance!

On doit prendre le plaisir dans le parcours et non dans la destination. Il faut donc prendre le plaisir dans le montage pour apprécier davantage le tissage.


Mais pourquoi donc tisser? Oui pour le plaisir de la «thérapie» mais surtout pour l’amour du tissu, du matériel et parce que cet art doit continuer de vivre, comme le crochet, le tricot et toute forme d’artisanat qui font, selon moi, partie de la culture.

D’abord on s’émerveille de voir, sous nos yeux, le tissu prendre forme, puis lorsque le projet est terminé, on ressent une énorme fierté d’avoir fait cela de nos mains.

Cette fierté, je la ressens à chaque fois, à présent, que j’essuie la vaisselle avec une de ses serviettes tissées et c’est là toute l’essence même de notre retour à la terre.

2 commentaires sur “Cent fois sur le métier…

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  1. Félicitation très bel article .
    C ‘est vraiment ça que je ressens quand je tisse.
    Je commence a développer de la patience, de l ‘endurance et du courage de créer des montages de les monter et de les tisser. J’ourdi a l’ancienne avec un ourdissoir alors c’est encore mieux ça prend moins de bobines de fils. Merci pour ton article
    Nicole Archambault (maman de Mylène grand maman de Louis)

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